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Vous avez dit… Jeanne d’Arc ?

Vous avez dit… Jeanne d’Arc ?

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Episode 1

Jeanne d'Arc

Vous voulez dire…

Jeanne Darc ? Jeanne d’Ay ?

Jeanne la Pucelle d’Orléans ?

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Fleur de lys

 

MEDIAPLAYER Jordi Savall Murass’a usul Düyek (Hespèrion XXI)

Prologue

Pourquoi Jeanne d’Arc ? A dire le vrai, je n’en sais trop rien ! J’aurais pu choisir le mythe de Jésus, la face cachée des douze tribus d’Israël ou bien discourir sur la véritable identité de Moïse voire sur la folie démoniaque de Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc… que sais-je ? Soyons claire : je ne suis ni sympathisant ni militant du Front National, je n’adhère à aucune Chapelle ou Eglise, je ne suis encore moins le porte-enseigne de quelque institut historico-littéraire ou d’un patronage « aux relents patriotiques ». Je m’interroge tout simplement, j’essaie de comprendre ! Vous comme moi, ne sommes-nous pas attachés à la Vérité, celle que nous aimerions contempler pure et sans taches ?

Fleurs de Lys 2

Alors la question, pourquoi Jeanne d’Arc ?… ne peut être fortuite et rester en l’état ! Il doit bien subsister quelque part, dans une zone d’ombre de ma psyché, une tentative de réponse ou d’explication ! Serait-ce imputable au fait d’avoir vécu six années à Saumur, au pied du Château d’Amour de René 1er le Bon, le deuxième fils de Louis II d’Anjou et de Yolande d’Aragon « Reine de Sicile » ?

Château de Saumur

Le Château d’Amour du « bon roi René »

Né au château d’Angers en 1409, René fut le bon camarade de jeux et d’études du futur Charles VII né en 1403 et de Jean II d’Alençon né en 1409. Ne manquons pas de souligner qu’il fut le « frère de lait » de Jeanne d’Orléans, elle aussi née en 1409. Au coeur des épisodes à venir, tous ces personnages seront passés au peigne fin. Nous questionnerons par le menu la « bonne maman Yolande ». C’est ELLE, la cheville ouvrière du destin de la France en pleine agonie, dans une guerre larvaire qui n’en finit plus. Yolande d’Aragon,c’est la « clé aurifère » apte à nous livrer les secrets de la légende de Jeanne d’Arc, piste curieusement écartée ou négligée par les historiens… 

Revenons à René 1er le Bon. Devenu adulte, décrit comme un homme simple, familier et cultivé - l’un des esprits les plus complets de son temps –  René perdra et gagnera des couronnes. Duc de Bar en 1419 (donation du duché le 13 août 1419 par le Cardinal de Bar) et duc de Lorraine de 1431 à 1453. A la mort de son frère aîné Louis III en 1434, il deviendra duc d’Anjou et duc de Provence. A partir de 1435, il veut récupérer son héritage napolitain mais le roi d’Aragon l’évince, l’invitant  à aller voir ce qui se passe ailleurs… René sera roi « in partibus » de Sicile.

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Le Liger à Saumur

De ce qui précède, vous l’avez deviné, nous sommes dans la « Vallée des Rois », à Saumur précisément. Saumur, perle de l’Anjou, avec son célèbre Cadre Noir, ses vins somptueux dont le Chenin noir implanté par les Plantagenêts. Saumur encore, avec son Logis royal inséré comme une pierre précieuse au centre de l’Ile d’Offard sertie des deux bras du Liger

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L’ île d’Offard

Logis royal de Yolande d'Anjou

Logis royal de la reine de Sicile

Jadis, Saumur avait vocation d’accueillir des orphelins de bonne famille, de première et seconde noblesse, et ce dès l’âge de douze ans voire dès la naissance. Le Logis royal de Yolande d’Anjou  en atteste de même que l’orphelinat de Jeanne Delanoue (1666-1736) qui se situait tout près de la basilique Notre-Dame-des-Ardilliers. Non loin de Saumur, sur un promontoire qui domine la Maine, se dresse l’ancienne forteresse d’Angers, le Château des ducs d’Anjou.

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La Forteresse d’Angers

Quant à Chinon, capitale de la Rabelaisie, son Château ne se tient qu’à huit lieues de celui de René d’Anjou, arrière-petit-fils de Jean II le Bon (1319-1364) marié à Bonne de Luxembourg en 1332. L’épisode de Chinon (1429) représente le caractère majeur du destin de la France au moment où Jeanne d’Arc sollicitera une audience auprès du dauphin. Bien entendu, nous aurons à nous pencher sur la célèbre « petite phrase de Chinon », quelques mots anodins dans la bouche de la Pucelle, susurrés à l’oreille de son oncle, le futur roi Charles VII.  Une petite phrase qui changera du tout au tout le cours de notre Histoire de France. Nous n’en sommes pas encore là !

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Le Château de Chinon

Sur la route qui conduit à Chinon, petite ville de grand renom, à hauteur de la confluence de la Loire et de la Vienne, nous aurons pris soin de saluer au passage la « Dame de Monsoreau » laquelle, à un siècle près, ne fera pas partie de notre galerie de portraits. Mais il est vrai que pour rejoindre Chinon, nous aurions pu faire ce long détour par Laval  aux fins de rendre hommage également à Jeanne… de Laval que notre bon roi René épousa en secondes noces le 10 septembre 1454 …. A l’époque de la Guerre de Cent Ans, un détour de deux à quatre cents kilomètres était chose courante, l’expérience démontrant que la « prudence est mère de sûreté ». Emprunter la voie la plus directe, ce fut le meilleur moyen de se faire « tailler en pièces » à la première croisée des chemins…

Fleurs de Lys 2

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Le mythe de Jeanne d’Arc

A la vérité, la passion des énigmes et des affabulations m’a toujours porté vers l’Histoire rédigée en partie avec des historiettes, contes ou fabliaux à dormir debout. Comment ne pas jubiler au moment où l’on débusque la couleuvre qu’on aimerait vous faire avaler ? Comment ne pas être atterré devant tant d’impostures, d’invraisemblances, de complots et de trahisons entraînant des atrocités abominables ? Comment ne pas être stupéfié par des lubies irrationnelles récitées, enseignées ou professées par des cerveaux réputés raisonnant, raisonnable, rationnel ou tout simplement doués de bon sens ? Rien n’a changé ! Ce piteux constat est toujours d’actualité, nul besoin d’illustrer le propos par des exemples… Pourtant !

LE CONTEXTE HISTORIQUE

(selon l’Histoire de France, Encyclopédie Tout l’Univers, Hachette)

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Jules Michelet

Jules Michelet (1798-1874) est le Père de l’Histoire de France en 19 volumes. En 1853, avec une « ardeur de bénédictin », l’homme de lettres, républicain et anticlérical, rédigera dans les 5ème et 6ème volumes consacrés à la Guerre de Cent Ans, un chapitre entier concernant la Pucelle d’Orléans, popularisant ainsi la légende de Jeanne d’Arc.

Introduction

En 1420, la France n’existe plus, le roi fou Charles VI et sa femme Isabeau de Bavière ont déshérité leur fils Charles au profit du roi d’Angleterre. Après l’assassinat de son père, Jean Sans Peur, le duc de Bourgogne Philippe III le Bon s’est allié à Henri V. En 1424, les Anglais envahirent le domaine de Charles et mirent le siège devant Orléans, ville-clef pour le passage de la Loire. Une fois la ville tombée, ils pouvaient facilement conquérir le reste du pays. Mais Orléans ne tomba pas, grâce à une paysanne ignorante de dix-huit ans : Jeanne d’Arc.

Commentaires

Vous avez bien lu : une paysanne ignorante de dix-huit ans… Or, ce que Michelet passe sous silence, c’est que la « p’tite bergère », du haut de ses dix-huit ans, affichait un talent éprouvé d’écuyère… hors pair ! Un détail qui n’a pas échappé aux chevaliers du roi lors de l’entrée de Jeanne à Chinon en 1429, ainsi qu’à l’occasion des tournois qui furent organisés pour marquer la réception de celle qui eut pour mission de sauver le Royaume de France. Assurément, nous ne devrions pas éprouver trop de difficultés pour élucider cette ambiguïté. Cela dit, les sornettes, les méprises grossières et les équivoques en tout genre passeront au tamis du bon sens…

Fleurs de Lys 2

1420 est la date du Traité de Troyes dont la teneur est l’exhérédation du dauphin Charles par Isabeau de Bavière (1371-1435). En effet, la reine de France affirme publiquement que son fils Charles VII est un bâtard. Charles, né en 1403, est le onzième des douze enfants mis au monde par la reine de 1385 à 1407. Elle aura d’abord deux enfants morts-nés (1386 et 1387). Viennent ensuite deux filles, Isabelle en 1389 et Catherine en 1392 date à laquelle le roi Charles VI est violemment secoué par un accès de folie. Puis l’année suivante (1393) sera marquée par la tragédie du « bal des ardents » où le roi faillit perdre la vie. Ce lamentable épisode, suivi ensuite d’une sévère typhoïde, ne firent qu’aggraver le mal. Le pauvre roi en sortit vieilli avant l’heure… ce qui ne l’empêchera pas de procréer (?) huit autres enfants dont trois dauphins. Mais rien ne va plus ! La zizanie et la débauche s’installent dans le couple royal. Charles VI, de plus en plus sujet à des attaques violentes, des hallucinations, des prostrations entraînant une négligence corporelle qui dépasse toute imagination, va sombrer peu à peu dans la dépravation et prendra Isabeau en aversion, la trompant sans vergogne. Désemparée et entourée de mauvais conseils, la Reine s’acoquine avec le duc Louis d’Orléans, le propre frère de son époux, qui devient l’amant en titre. Nous ne sommes pas encore en 1420, l’adultère ayant été probablement consommé une vingtaine d’années plus tôt. A la cour, les rumeurs vont bon train, on s’interroge sur la paternité du dauphin Charles, un « roitelet » bien équivoque, délaissé par sa mère et qui sera confié, à l’âge de onze ans, à Yolande d’AragonCharles VI, devenu un pantin irrécupérable après trente années de crises de démence à répétitions, n’aura que faire de déshériter le « p’tit Charles ». C’est Isabeau qui s’en chargera passant outre la fameuse loi salique des anciens Francs et en lui faisant apposer une signature de confirmation sur le Traité de 1420, cinq jours avant la mort du roi, survenue le 21 octobre 1422. Ayant renié deux ans plus tôt et publiquement la paternité légitime de son mari fou, elle déshéritera le dauphin Charles au profit du roi Henri V d’Angleterre, gendre de Charles VI, et ce par le mariage de Catherine de Valois , fille légitime du couple royal. Finalement, l’Anglais devenu ainsi l’héritier présomptif ne sera pas couronné roi de France. Le malheureux Henri V décèdera des suites d’une dysenterie à Vincennes le 31 août 1422, soit deux mois avant Charles VI. Catherine, veuve, Reine consort d’Angleterre, épousera secrètement sept ans plus tard un gentilhomme gallois du nom d’Owen Tudor…  Isabeau aurait-elle manqué son joli tour de passe-passe en déshéritant le dauphin Charles ?

Me suivez-vous ? Poursuivons !

Nous sommes en droit de nous interroger sur une question cruciale. Pourquoi Isabeau de Bavière renie-t-elle publiquement le dernier dauphin (les précédents Louis et Jean étant morts mystérieusement en 1415 et 1417) en privilégiant Catherine sa deuxième fille légitime ? La reine joue-t-elle sur deux tableaux quitte à commettre un crime de lèse-majesté approuvé du reste par l’Université de Paris, l’Eglise et le Parlement ? Est-elle persuadée, dans l’intimité de son coeur et dans son corps de femme, de la naissance « sous x » du p’tit Charles ? Louis d’Orléans serait-il le père adultérin ? Nous ne sommes plus à un bâtard près ! Le beau et élégant prince Louis d’Orléans, marié à la belle Italienne Valentine Visconti, grand retrousseur de jupons devant l’Eternel, eut également comme maîtresse Mariette d’Enghien. De leurs frivolités amoureuses naquit le soutien de la France doublé du cauchemar de l’Angleterre en la personne de Dunois « Bâtard d’Orléans » (1403-1468), serviteur dévoué du roi et compagnon d’armes de Jeanne d’Arc. Lui aussi fut sous la protection de la « bonne maman Yolande », aux côtés de tous les « jeunes ». Ne les perdons pas de vue ! Pour mémoire, il convient de les citer tous, protégés et orphelins confondus, savoir Charles VII, René d’Anjou (fils de Yolande d’Aragon), Jean II d’Alençon, Dunois, Jeanne d’Orléans… sans oublier la p’tite Marie qui fera partie de l’Histoire !

Ces cinq comparses et complices étaient-ils unis par des liens de parenté ? Réponses percutantes dans les galeries de Portraits à suivre…

Autant de questions que nous passerons au crible d’une réflexion rigoureuse. Nous essaierons de comprendre également pourquoi Yolande d’Anjou, la « protectrice » du dauphin entre autres personnages, reprendra à son compte et à des fins personnelles le reniement d’Isabeau de Bavière. L’enjeu est de taille, il s’agit de relever le Royaume de France sur le bord de l’abîme. « Maman Yolande » détiendrait-elle un plan de guerre avec deux cartes maîtresses ? Marie d’Anjou, sa fille légitime… et les cinq comparses en question ! Mais, me direz-vous, où se situe Jeanne d’Arc dans tout cet imbroglio ?

Suivez-moi ! Je vous invite à une odyssée fantastique, ponctuée de vingt épisodes, au coeur de la Guerre de Cent ans, une chevauchée débridée et palpitante de la « vallée ligérienne » jusqu’aux marches de la Lorraine, en passant par tous les comtés et duchés du royaume, au bruit des sabots, du cliquetis des épées à tous vents et sous des pluies de flèches tous azimuts…

Une audacieuse enquête, un vaillant combat au coeur de l’Histoire avec le ferme espoir de sauver Jeanne du Bûcher…

A Saint-Malo, le 15 octobre 2020. Le Thélémite

Blason de Jeanne d'Arc

Pourquoi le blason de Jeanne d’Arc

porte-t-il deux lys d’or ?

D’azur à une épée d’argent garnie d’or mise en pal

ferue dans une couronne royale

du même accostée de deux fleurs de lys aussi d’or

Fleurs de Lys 2

Sommaire du 2ème épisode

Prologue

Les Parents de Jeanne Darc

La Fratrie

Questions & Hypothèses

Epilogue

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2 Commentaires à “Vous avez dit… Jeanne d’Arc ?”

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  1. Salut à toi, Gaby le Thélémite !

    Je sors de ton blog et de ton travail sur Jeanne dite la Pucelle. Ouf ! Je ne sais pas combien de temps tu y as passé… Quelle Kultur !

    Je ne connaissais pas (honte à moi, prof de lettres) Soleil et Chair de Rimbaud. Je l’ai découvert à travers tes diaporamas qui sont superbes.

    J’adore la photo où tu es en lotus sous un palmier ! A quand le deuxième épisode sur la Pucelle ?

    REPONSE :

    Coucou Hélène ! Rassure-toi, nul ne peut prétendre tout connaître ! « Nous sommes accablés d’un manteau d’ignorance et d’étroites chimères… » dixit Arthur. Et pour te consoler… « C’est déjà du savoir de connaître qu’on ne connaît pas ce qu’on ignore. » Petite perle extraite de la philologie arabe. Toutefois Silésius, en d’autres termes, l’a exprimée en majesté. Quant à la Pucelle, le prochain épisode est en train de mijoter dans le chaudron des Plantagenêts. Eh oui, quelque part, je suis un « Mainiot » ! Gaby le Thélémite.

    Hélène a dit ceci

  2. Intéressant, il faut que je revienne !

    REPONSE : Merci de l’intérêt que vous portez à mon héroïne ! Je vous préviendrai par courriel de la publication du deuxième épisode. DeejaYogi.

    Dernière publication sur Les tentacules de Poulpita : mon projet patchwork

    begarinb a dit ceci


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