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Galerie de Portraits – Partie 2

Galerie de Portraits

Episode 7

Partie 2

Galerie de Portraits 2

De Charles d’Orléans à Charles VII

Fleur de lys

MEDIAPLAYER Michel Pépé Les Chevaliers du millénaire

Prologue

Au tournant de ce septième épisode, nous devrions cibler, prudemment, la véritable identité de Jeanne d’Arc. Gardons présent à l’esprit que notre « Jeannette » et un enfant caché sinon protégé. Par qui et pour quelles raisons ? Un motif d’ordre immoral aggravant les conflits d’intérêts entre Armagnacs et Bourguignons ? En pareil cas, c’est la piste « Isabeau de Bavière » qu’il convient d’examiner. Des raisons de protection pour conjurer le risque d’une capture anglaise entraînant, subséquemment, une rançon ruineuse pour le royaume ? Dans ce cas de figure, nous nous tournerons vers le Portrait d’Isabelle de Valois auquel nous accorderons un certain crédit. Toutefois, maintes questions insolubles taraudent notre esprit. Dans quelles conditions ou par quel subterfuge et à quel âge, cette petite fille a-t-elle été placée sous la protection de la Reine de Sicile à la forteresse d’Angers ?

Enfin, une autre question, celle-ci de taille : pourquoi a-t-elle été fiancée, dès le berceau, à Jean II d’Alençon ? Qui sont les personnages de la Régence qui se tenaient aux manettes ?

Fleurs de Lys 2

Isabeau Of Bavaria

La Piste Isabeau de Bavière

Suite de l’épisode 6

D’aucuns se sont interrogés sur les infidélités supposées de la reine de France et sur son train de vie dispendieux . Dans l’intérêt des dauphins, Isabeau alterne les alliances entre les deux factions rivales. Quand elle compose avec les Armagnacs, elle est accusée par les Bourguignons d’adultère avec le duc d’Orléans. Lorsqu’elle traite avec les Bourguignons, elle est chassée de Paris et emprisonnée par les Armagnacs. Je voudrais revenir un instant sur le meurtre de Louis d’Orléans. Le 23 novembre 1407 , le duc se rend à l’Hôtel Barbette, rue Vieille-du-Temple à Paris. La reine Isabeau s’y tient après avoir accouché « peu de temps avant » de son douzième enfant. Le rejeton est né le 10 novembre 1407 et, sur la demande pressante du Père (Louis ?), on fit courir le bruit d’un fils mort-né prénommé Philippe. En effet, un certain Philippe de France figure en bonne et due forme sur la liste des enfants d’Isabeau de Bavière, la date de son décès (le 10 novembre) correspondant à celle de sa naissance. Bizarrement, aucun lien hypertexte n’est attaché à Philippe,  contrairement à tous ceux de la fratrie. D’une manière fâcheuse, les historiens sont avares de commentaires sur cette naissance « peu de temps avant » le 23 novembre. Treize jours quand même ! Que s’est-il passé durant ces treize jours ? Un accouchement difficile qui expliquerait la mort du nouveau-né ? La nécessité d’un repos prolongé pour la mère ? Non point ! L’enfant royal, d’un sexe incertain, présentait une malformation congénitale. Il faut coûte que coûte cacher soigneusement le bébé. La reine le confia, bien vivant, à Jeanne sa fidèle gouvernante, qui eut pour mission d’envoyer l’enfant loin de Paris, à l’abri des rumeurs et des intrigues.

Nous ne saurons jamais ce qui motiva Louis d’Orléans lorsqu’il rendit visite à la reine, le soir du 23 novembre aux alentours de 19 h ? Est-il venu de son plein gré  ou mandé par Isabeau aux fins de mettre en place les conditions de transfert du nourrisson ? Ou bien, à son insu, pour un tout autre mobile relevant d’un complot ? Cela en a tout l’air ! Sur les coups de 20 h, Thomas de Courteheuse, le valet du roi, mouillé jusqu’à l’os dans la conspiration, se présente à l’Hôtel de la reine et fait savoir au duc que le roi Charles VI l’attend de toute urgence. Louis d’Orléans prend donc congé de la reine et se met en route pour l’Hôtel Saint-Pol, où réside le roi. Quelques minutes plus tard, il se fera tailler en pièces par les sbires du duc de Bourgogne…

A ce stade de mon récit, j’aimerais m’entretenir avec vous en aparté d’une découverte inédite sur le net, et ce par le plus grand des hasards. En étudiant par le menu la fiche Wiki relative à l’assassinat de Louis d’Orléans, je remarque que le nom du valet du roi, Messire Thomas de Courteheuse, ne contient, lui aussi, aucun lien hypertexte susceptible d’apporter un minimum d’informations sur le personnage. Dépourvu mais curieux, je tente malgré tout une saisie « Thomas de Courteheuse » dans l’onglet Google. Le web recèle maints trésors insoupçonnables. Je n’en crois pas mes yeux. Ce que je découvre tombe à point nommé et vient complémenter le présent propos. Ne passez pas à côté ! Cliquez sur l’image ci-dessous et documentez-vous !

LouisdOrleans

Paris, 23 novembre 1407

Quartier du Marais

MEDIAPLAYER Michel Pépé Légende

Après consultation du document signé « Jeanne d’Arcadie », où en sommes-nous en cette fin de novembre 1407 suite au crime à l’encontre de Louis ? Les cavaliers de Jean 1er de Bourgogne ont semé la discorde sur l’échiquier royal des Valois-Orléans. Le roi Charles VI « le Fol » est cocu. Son frère Louis vient de perdre la vie, sauvagement, pour cause de fourberie et d’indélicatesse à l’égard de Marguerite de Bavière, épouse du duc Jean Sans Peur. Le duc se venge et revendique publiquement l’attentat alors que le roi pardonnera à son cousin rival. La morale « immorale » dicte sa loi ; entre cocus, il y a toujours moyen de s’arranger… Et Isabeau de Bavière dans tout cela ? A-t-elle trempé dans la conspiration comme nous le laissions entendre à la fin du dernier épisode ? Les événements qui suivront, de 1409 à 1422, parleront d’eux-mêmes…

Avant de refermer ce volet, revenons à la question de Jeanne d’Arc, « enfant caché » d’Isabeau. Concernant la paternité, la piste Louis d’Orléans n’est plus d’actualité. Il convient donc de porter notre attention ailleurs, dans l’autre camp, et sur une période comprise entre 1409 et 1412 selon les sources canoniques des historiens. En effet, après la mort de son amant, la reine est contrainte de changer de camp et se rapproche des Bourguignons par la Paix de Chartres le 9 mars 1409. La même année, elle accorde sa tutelle au duc de Bourgogne. Son fils Louis de France, troisième et jeune dauphin de douze ans en vie (les prédécesseurs sont décédés respectivement en 1386 et 1401), est nommé chef du Conseil Royal, afin de pouvoir gouverner en l’absence de sa mère. Louis de Guyenne est déjà marié, depuis 1404 à l’âge de 7 ans, à Marguerite âgée de 11 ans, l’une des filles du duc de Bourgogne. Pour parvenir à ses fins, Isabeau de Bavière dispose de plusieurs cartes en main. Toujours en 1409, elle arrange un mariage entre Michelle de France, sa quatrième fille, et Philippe le Bon, le fils et héritier de Jean 1er de Bourgogne. Avant la cérémonie, elle négocie un traité avec le duc dit Jean Sans Peur dans lequel elle définit explicitement la hiérarchie familiale et sa position par rapport au trône. Outre Michelle de France, Isabeau de Bavière comptera également sur ses deux autres filles, indépendamment de Jeanne de France mariée à Jean V de Bretagne. D’abord, Isabelle de France, ex-reine d’Angleterre, renvoyée en France suite au trépas de son époux Richard II. Dès le retour de sa fille, Isabeau prévoira  de la remarier. Ensuite, Catherine de France, le dixième enfant d’Isabeau, constitue peut-être le dernier atout majeur de la reine si elle réussit à marier sa fille à Henri V d’Angleterre. Mais en 1422, deux ans après le Traité de Troyes, les fils du destin d’Isabeau de Bavière vont sérieusement s’embrouiller…

Au présent stade de notre recherche, n’oublions pas les contenus des épisodes précédents. En effet, dans l’ombre de la Régence, une autre reine surveille attentivement tous les agissements, toutes les intrigues et machinations de la reine de France. C’est la reine de Sicile en personne qui saura répondre, en temps et en heure, aux extravagances d’Isabeau. Yolande d’Aragon, elle aussi, dispose de nombreux atouts dans son jeu. Nous en ferons l’inventaire lors du prochain épisode. La Maison d’Orléans n’a pas dit son dernier mot…

Des langues bien pendues ont fait courir la rumeur qu’Isabeau de Bavière était une mauvaise mère et en ont fait un portrait « d’inceste, de corruption morale, de trahisons, d’avarice et de débauche… d’aspirations et de manigances politiques ». Certaines lui ont même reproché en outre qu’elle « ne prenait plaisir à une nouvelle grossesse que dans la mesure où on lui offrait de nouveaux cadeaux ». Si vous cherchez une réponse à la question « Jeanne d’Arc, fille cachée d’Isabeau de Bavière », c’est peut-être dans cette direction qu’il convient de pousser l’enquête. Pour ma part, j’abandonne cette piste douteuse et scabreuse. Elle aura eu, au moins, le mérite de nous faire découvrir l’existence d’un bébé malformé soustrait aux regards indiscrets, et dont nul ne sait ce qu’il est devenu. Le mérite surtout de mieux appréhender un contexte historique où s’insèrent des acteurs hauts en couleur, certains plus truculents que d’autres, tous participant de près comme de loin, du mythe de Jeanne d’Arc. Des révélations plus crédibles nous attendent sous de nouveaux portraits…

Fleurs de Lys 2

Le Couple

Charles d’Orléans – Isabelle de Valois

Isabelle_of_Valois

Isabelle de Valois

Ex-reine d’Angleterre

Duchesse d’Orléans et de Valois

(suivre le lien)

Isabelle de France ou de Valois est l’une des cinq filles, précisément la deuxième et le troisième enfant de Charles VI et d’Isabeau de Bavière. Elle est née le 9 novembre 1389 à Paris et décédée à Blois le 13 septembre 1409. Elle est successivement reine d’Angleterre par son premier mariage avec Richard II, puis duchesse d’Orléans par Charles d’Orléans qu’elle épousa en secondes noces. Un écart d’âge important sépare Isabelle de son époux Richard II d’Angleterre qui souhaite établir une alliance avec Charles VI. La main d’Isabelle semble être un bon pari pour l’anglais, veuf depuis 1394 et privé d’héritier. Les premières négociations démarrent au mois de juillet 1395 à Paris moyennant le déplacement d’une délégation anglaise conduite par le comte de Nottingham. Richard II est âgé de vingt-huit ans alors qu’Isabelle de France n’en a tout juste que six. La différence d’âge est au centre des négociations mais le roi d’Angleterre déclare que « chaque jour qui passera rectifiera le problème de la jeunesse d’Isabelle, que le jeune âge de celle-ci lui permettra de modeler sa future épouse selon son idéal ». Charles VI, en raison de ses crises de démence, ne peut assurer les négociations. Il les confie à son oncle Philippe II de Bourgogne, très attaché à une alliance franco-anglaise. Ce projet de mariage agace fortement le frère du roi, Louis 1er d’Orléans, et rencontre de nombreux opposants. En dépit de ces contraintes, les négociations aboutiront l’année suivante par l’arrivée d’une seconde délégation anglaise à la cour de France. Le contrat de mariage définitif est signé le 9 mars 1396. L’une des clauses fixe le montant de la dot, soit une somme monumentale de 800 000 livres, équivalente alors au montant annuel des recettes de l’État. La première tranche de 300 000 livres doit être immédiatement remise et versée au Trésor anglais. Le 31 octobre, le mariage de Richard II et d’Isabelle de France est célébré par Thomas Arundel, archevêque de Canterbury, en l’église Notre-Dame de Calais. Le 8 janvier 1397, Isabelle est couronnée reine d’Angleterre en l’abbaye de Westminster…

Richard II et Isabelle de France

Richard II & Isabelle de France

Isabelle, décrite comme jolie et préparée à assumer son rôle de reine, en dépit de la différence d’âge, entretient de bonnes relations de respect mutuel avec Richard II dans sa résidence principale du château de Windsor. Malheureusement, les années de félicité du couple royal seront de courte durée. Le 1er juin 1399, Richard II embarque pour l’Irlande afin d’y apaiser des dissensions locales suite à la mort du duc de Lancastre, survenue le 3 février 1399 . Au préalable, et soucieux de la protection de son épouse, il fait déplacer Isabelle du château de Windsor vers celui de Portchester, situé dans le Hampshire. Les deux époux ne se reverront jamais. Que s’est-il passé ? Durant l’absence de Richard II, un fait inattendu vient ébranler l’édifice royal. Le 4 juillet 1399, quelques mois après la mort de Jean de Gand, duc de Lancastre,* son propre cousin, Henri Bolingbroke, banni et dépossédé de ses biens par Richard II , rentre de son exil en France. Accompagné de quelques partisans, il proclame son intention de se faire restaurer dans son héritage. Soutenu par la noblesse locale, il conduit une armée vers Bristol où s’est établi le duc d’York qu’il rencontrera le 27 juillet dans l’intention de le rallier à sa cause. Parallèlement, Richard II vient de rentrer en Angleterre et se réfugie au château de Conwy avant de rencontrer et de négocier avec son cousin, le 19 août . La roue tourne ! Richard II est prisonnier, déposé de son titre royal et ramené sous haute escorte à Londres après avoir abdiqué en faveur de son cousin. Après sa déposition, le roi déchu est secrètement conduit en captivité au château de Pontefract. Henri Bolingbroke devient Henri IV, roi d’Angleterre.

* C’est à bon escient si je m’appesantis un tant soit peu sur les portraits de Richard II et de Henri IV d’Angleterre. Ne pensez surtout pas que je m’éloigne de mon sujet. Loin s’en faut ! Il convient donc de signaler au passage que Jean de Gand et ses descendants, savoir Henri IV, Henri V et Henri VI d’Angleterre représentent la Maison de Lancastre. Voilà un repère majeur pour comprendre ultérieurement d’une part, les velléités d’Isabeau de Bavière, d’autre part le contre-pouvoir exercé par la reine de Sicile, enfin ce qu’il adviendra du destin de Jeanne d’Arc. Amis lecteurs, vous êtes déjà prévenus. Rendez-vous au jugement dernier de l’enquête…

Suite à son avènement, Henri IV dépêche des émissaires auprès de Charles VI afin de requérir son accord pour le mariage d’Isabelle avec son fils aîné et héritier, Henry, prince de Galles (qui deviendra un peu plus tard Henri V d’Angleterre marié avec Catherine de Valois, fille de Charles VI. Pas facile de délimiter la frontière entre démence et lucidité, soit dit en passant…). Le roi de France refuse de le reconnaître comme roi d’Angleterre et renvoie ses ambassadeurs. Au mois de janvier 1400, les défenseurs de Richard II tentent d’assassiner Henri IV et de restaurer le souverain. Le coup d’état se solde par une exécution des instigateurs. Richard II meurt en captivité, peut-être assassiné sur ordre de son successeur. Isabelle apprendra la funeste nouvelle au moment où elle sera renvoyée en France sur ordre du roi d’Angleterre qui reporte la restitution de sa dot à une date ultérieure, qui ne sera en fait jamais retournée à Charles VI. De retour en France, le 28 juillet 1401, Isabelle de Valois est remise aux soins de sa mère Isabeau de Bavière qui prévoit déjà de la remarier…

Fleurs de Lys 2

MEDIAPLAYER Michel Pépé Au coeur du calice

charles d'Orléans

Charles d’Orléans

Le Poète « Lettré »

(Suivre le lien)

Charles d’Orléans est né à Paris le 24 novembre 1394 et meurt à Amboise dans la nuit du 4 au 5 janvier 1465. Il est l’aîné des trois fils issus de l’union de Louis 1er d’Orléans et de Valentine Visconti : Charles, le Poète, Philippe, le comte de Vertus et Jean, le Dévot. A cette fratrie s’ajoute Marguerite d’Orléans, comtesse de Vertus et comtesse d’Etampes, puis un fils naturel Jean d’Orléans, dit Dunois ou « le bâtard d’Orléans ». Sachant que ce dernier s’illustra en tant que compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, nous lui réserverons un « Portrait » au coeur de la Partie 3 de notre Galerie (épisode 8).

Alors qu’une éducation soignée semblait destiner Charles et Jean à un avenir brillant et serein de lettrés, toute autre fut leur singulière destinée. Jean, le plus jeune, avait neuf ans lorsqu’il fut livré aux Anglais par son aîné – drôle de lubie ! – et restera prisonnier pendant trente-deux ans. Il eut donc tout le loisir de s’adonner à la philosophie et à la théologie. Sa rançon honorée, il rentra en France à l’âge de quarante et un ans, et c’est alors qu’il constitua une bibliothèque admirable pour l’époque et reposant sur de rares manuscrits hérités de sa mère Valentine décédée à Blois un an après le meurtre passionnel qui coûta la vie de son époux, Louis d’Orléans.

Quand à Charles, l’aîné, qui croyait pouvoir racheter la liberté de son jeune frère captif, il devint orphelin de Père (1407) et de mère (1408) à l’âge de quatorze ans. Toutefois, Charles a déjà contracté mariage, le 29 juin 1406, avec le parti le plus titré du royaume : sa cousine germaine, Isabelle de France ou de Valois, fille légitime aînée de Charles VI et d’Isabeau de Bavière. Isabelle est alors âgée de dix-sept ans. Charles en a douze ! Trois ans plus tard, le 29 septembre 1409, Isabelle de Valois meurt en mettant au monde une petit fille prénommée Jeanne.

Mais alors, qu’est devenue la petite Jeanne ? Où a-t-elle été placée durant les premiers mois et les premières années de son existence ? De son côté, le Père Charles d’Orléans continua  sa route… Une nouvelle fois, je cède la place à Pierre Aléonard, auteur de Jeanne d’Arc « Princesse normande ? » qui écrit dans son ouvrage, pages 80, 81 :

« En 1414, Charles d’Orléans épouse en secondes noces, Bonne la fille du comte Bernard d’Armagnac. Assassiné, dépecé, promené dans les rues de Paris, Bernard fait place à Charles comme chef du parti armagnac.

25 octobre 1415… Azincourt ! Brave jusqu’à la témérité, le jeune duc fonce à la tête de ses chevaliers. Gravement blessé, il est relevé, quasiment mort sur le champ de bataille et ne doit qu’à sa couronne ducale sur le casque, de ne pas être égorgé par les coutiliers anglais. Sitôt averti de l’importance de la capture, Henri V d’Angleterre le fait soigner et notera, même sur son testament qu’il ne faudra jamais, sous aucun prétexte, rendre la liberté à ce personnage.

Charles rejoint donc son frère Jean au château de Windsor et transféré de castle en castle, finira sa captivité à Wingfield de 1435 à 1440 à raison de 15 sols 4 deniers par jour de pension, à ses frais. Vingt-cinq ans de captivité ! »

Charles d'Orléans

Mais la vie de Charles d’Orléans ne s’arrête pas là. En toute logique, Charles n’aurait jamais revu sa petite Jeanne ! ?… Signalons au passage, qu’avant la cérémonie du sacre de Charles VII, il donna l’ordre de débloquer, sur les finances de sa ville, de quoi vêtir « Jeanne d’Arc », pour avoir délivré Orléans. Cela est mentionné dans le grand livre des dépenses. Autour des années 1430, le prisonnier fut secrètement et régulièrement informé, à l’aide de messages codés, du sort de sa fille unique qu’il chérissait d’un amour filial indéfectible. Pouvait-il, sans commettre l’irréparable, claironner à tout vent : « La Pucelle est ma fille chérie, une jeune fille extraordinaire ! » ? Assurément non ! « Pucelle »… le mot est lâché, un tendre sobriquet pour « ma petite puce ». Gardons en mémoire cet hétéronyme dans l’attente du « Procès en Hérésie » et de toute la mascarade religieuse autour de la virginité de Jeanne d’Arc

Fleurs de Lys 2

Jeanne d’Orléans

Fille unique

de Charles d’Orléans et d’Isabelle de Valois

 Aucun Portrait existant ?

MEDIAPLAYER Michel Pépé Fleur de Lys

Au fil des épisodes, au sein des contenus spécifiquement commentés, vous avez pu remarquer une profusion de liens hypertextes liés à tel ou tel personnage évoqué, et ce dans le but d’enrichir essentiellement la teneur du sujet abordé. La plupart des liens « wiki » sont riches d’informations surprenantes, crédibles et n’ont rien à envier aux encyclopédies, aux lexicologies et autres livres d’Histoire conventionnels, classiques ou académiques. Au reste, chaque page web, toutes matières confondues, fait l’objet d’une révision ou « mise à jour » permanente sous la « souris » de spécialistes chevronnés qui traquent et corrigent les fausses informations. La culture « internet » n’est en rien un sous-produit de la culture telle que nous l’appréhendons d’une manière générale. Elle n’est que le prolongement « tentaculaire » et numérisé de la mémoire de l’humanité archivée dans les bibliothèques d’aujourd’hui, de naguère et de jadis. Bref, le « miracle grec » a muté en « miracle du net ». Nous ne pouvons que nous en réjouir. Un grand merci à tous les bénévoles anonymes de Wikipedia.

Cependant, il est des liens wiki atypiques, déviants ou taiseux qui nous laissent sur notre faim. Si vous avez activé les liens relatifs au couple royal Charles VI et Isabeau de Bavière, à Yolande de bar, à Jean le Bon, au Traité de Foug en attendant celui de Troyes… entre autres exemples, nul doute qu’à chaque visite, c’est comme si vous étiez invité à un banquet. La nourriture est si richement abondante que les papilles intellectuelles ou culturelles se délectent à tel point que l’on éprouve cet irrésistible besoin de boire un bon verre de Chinon à la santé de Charles VII. Patientez ! Le moment viendra où je vous entretiendrai de la  » petite phrase de Chinon » qui en dit long sur la relation de Jeanne d’Arc avec son oncle Le dauphin Charles VII.

En attendant, je viens d’ouvrir le lien wiki attaché à Jeanne d’Orléans, petite-fille de Charles VI et d’Isabeau de Bavière par sa mère Isabelle de Valois, petite fille également de Louis 1er d’Orléans, par son Père Charles d’Orléans, qui plus est, nièce de Charles VII. De prime abord, je me suis frotté les mains en me disant : « waouh, je vais tomber sur le Graal de mon enquête et trouver les réponses à tous mes questionnements ! ». A défaut des mains, je me suis frotté les yeux ! Rien, pas la moindre étincelle de vie concernant Jeanne d’Orléans. Je reste coi, hébété ! L’Histoire se trahit par des silences indécents. En revanche, la date de sa mort, à Angers, est miraculeusement précise : 19 mai 1432 ! Serait-elle passée au travers des flammes du bûcher le 30 mai 1431 ? Il est encore trop tôt pour se pencher sur une éventuelle vie « post mortem » de Jeanne ainsi que sur les négociations entre John Bedfort, duc de Lancastre et frère de Henri IV (qui déposa Richard II) et l’ignoble évêque de Lisieux, Pierre Cauchon

Voici le contenu découvert sur Wikipédia concernant une petite fille dénommée Jeanne et dont la mère fut Reine d’Angleterre par son mariage avec Richard II, ce dernier étant cousin de Henri IV d’Angleterre de la Maison de Lancastre, puis duchesse d’Orléans par son époux Charles. Autrement dit, cette petite Jeanne dont les Grands-Parents ne sont autres que Charles VI et Isabeau de Bavière, devient dès sa naissance l’enfant le plus titré du royaume de France. De surcroît, par son mariage avec Jean II, elle reçoit les titres de comtesse du Perche et duchesse d’Alençon… Lisez !

« Jeanne d’Orléans, née le 13 septembre 1409 à Blois et morte le 19 mai 1432 à Angers, est l’unique enfant de Charles Ier d’Orléans et d’Isabelle de France, ainsi que la première épouse de Jean II d’Alençon.

Jeanne d’Orléans est la fille de Charles Ier d’Orléans et d’Isabelle de France, fille aînée du roi Charles VI et d’Isabeau de Bavière. Elle voit le jour le 13 septembre 1409 à Blois, mais sa mère meurt en lui donnant naissance, à l’âge de 19 ans (20 ans) seulement. En raison des remariages successifs de son père avec Bonne d’Armagnac en 1410, puis avec Marie de Clèves en 1440, Jeanne est une demi-sœur du futur roi Louis XII.

Le 15 avril 1410, lors de la formation de la ligue de Gien, Jeanne d’Orléans est fiancée par son père à Jean II, le fils de son allié Jean Ier d’Alençon. Elle l’épouse en 1424 à Blois, mais leur mariage ne produit aucun descendant. Jeanne meurt prématurément le 19 mai 1432 à Angers, de causes inconnues. Après sa mort, son époux se remarie en secondes noces avec Marie, une des filles de Jean IV d’Armagnac ».

Voilà ce que vous lirez sur la page wiki réservée à Jeanne d’Orléans. Si peu que l’on en vient à s’interroger sur cette biographie réduite à sa plus simple expression…

Comparons maintenant ces informations issues du web avec celles des « archives départementales de Blois » :

« Jean II du nom duc d’Alençon »

« Femme : Jeanne d’Orléans, fille aînée de Charles duc d’Orléans et d’Isabelle de France sa première femme, mariée à Blois en 1421.* Selon Jean le Febvre, Sr. De Saint-Rémy, elle mourut, sans lignée, dans la Maison Abbatiale de Saint-Aubin d’Angers, le dix-neuvième May 1432, en sa 23ème année et y enterrée. »

*(En marge « non pas 1424″ en parlant du mariage)1

1. « Historique généalogique et chronologique, de la Maison de France et des grands officiers de la couronne de la Maison du Roy P/Anselme-Paris c. David 1712″

joan-arc

Epilogue

Amis lecteurs, au terme de cet épisode 7, nous sommes en mesure de crédibiliser la thèse que la vraie Jeanne d’Arc est honorablement Jeanne d’Orléans dite « la Pucelle », sans point commun avec la pastourelle de Domrémy, accouchée de l’imagination des faussaires, sur la base d’un plan stratégique et politique conçu dans l’ombre de la Régence, sous l’influence de la Reine de Sicile. Nous tenterons de comprendre comment cette petite fille est arrivée à la Forteresse d’Angers. A quel âge et sous quelle escorte ? Quant à son transfert sur les terres de Lorraine, si vous avez suivi le fil d’Ariane du récit, nul besoin de se répéter. Sinon lire ou relire le quatrième épisode…

A Saint-Malo, le 16 janvier 2021. Le Thélémite

Fleurs de Lys 2

Sommaire du 8ème épisode

Galerie de Portraits

Partie 3

Jean II d’Alençon, Dunois, Charles VII

et les autres…

Galerie de Portraits 3

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